C’est une drôle de guerre qui se joue à la périphérie de Bordeaux. A une trentaine de kilomètres de la capitale girondine, l’incendie qui sévit depuis le 22 juillet continue d’engloutir la forêt, à peine fatigué après avoir parcouru 32 700 hectares. Dans l’attente de cet ennemi aussi invisible qu’imprévisible, la banlieue ouest de la métropole bordelaise s’est transformée, samedi 25 juillet, en no man’s land.
Au cours de la nuit précédente, huit communes s’y sont vidées de leurs habitants, les autorités souhaitant les protéger des fumées toxiques et d’une éventuelle avancée cataclysmique des flammes. Sur l’ensemble du département, ce sont ainsi 167 000 personnes qui auraient fui et emprunté les itinéraires recommandés.
La décision avait été prise la veille au soir par la préfète de Gironde, Sophie Brocas, qui s’en est félicitée samedi après-midi : « ce matin, le feu était plutôt orienté sur un axe Sud-Nord, ce qui a obligé les pompiers à se réorganiser, mais le vent a changé à la mi-journée, avec une progression vers la métropole, donc nous avons bien fait d’évacuer les habitants, même si c’était désagréable pour eux. » Samedi soir, la préfecture a encore ordonné à 55 000 résidents de quitter leur domicile.
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