Pour un musée qui ferme ses portes, le grand défi est d’éviter l’oubli… et de faire en sorte que le provisoire ne s’éternise pas. Alors que l’ouverture du Centre Pompidou à Paris pourrait être retardée d’un ou deux ans, une autre institution de la capitale voit ses travaux jouer les prolongations : le Musée Nissim de Camondo, ce ravissant hôtel particulier de la Plaine-Monceau, géré par les Arts Décoratifs.
Lorsque l’élégante bâtisse a fermé ses portes à la fin de 2024, la feuille de route semblait claire, le calendrier réaliste. Il s’agissait seulement de réaliser des travaux urgents de mise en sécurité et de remise aux normes électriques. Un chantier d’un an, bouclé pour 4 millions d’euros et autofinancé par le musée.
Mais patatras. Fin 2025, la Conservation des monuments historiques se rend sur place et douche les espoirs de réouverture rapide – celle-ci était prévue en 2026. Le verdict tombe : un phénomène d’électrolyse entre le métal des volets et le zinc du toit provoque de graves fissures. « Il faut entièrement refaire le clos et le couvert », résume Sophie-Justine Lieber, directrice générale des Arts Décoratifs. Le coût de l’opération est évalué à 5 millions d’euros. Le musée, qui a déjà financé les travaux d’urgence, est à sec. L’Etat, qui serre la vis budgétaire et taille dans les subventions, n’a, pour l’heure, débloqué que l’enveloppe indispensable au démarrage des études, qui viennent tout juste de finir. La réouverture est désormais prévue pour 2030.
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