Le président du groupe des députés socialistes, Boris Vallaud, a écrit vendredi 30 octobre au premier ministre, Sébastien Lecornu, pour réclamer que « la lumière » soit faite sur des « allégations » de « collusion » entre « certains membres des forces de l’ordre » et des « groupuscules violents » d’extrême droite le 24 octobre. A Nice, à Rouen ou encore à Tours, ils ont provoqué des affrontements avec des manifestants. La justice a été saisie à plusieurs reprises.
Ces allégations figurent dans des enquêtes journalistiques sur cette journée de manifestations, notamment dans celles du Monde, exploitant « des échanges via des messageries », des « images prises lors des manifestations » et « les revendications de membres de ces groupuscules », écrit M. Vallaud. « Si ces faits sont avérés, ils sont extrêmement graves et certaines des images révélées par ces enquêtes sont troublantes et incompréhensibles », ajoute-t-il.
« Avez-vous saisi les autorités administratives et judiciaires de ces allégations et quelles suites entendez-vous donner si celles-ci sont confirmées ? Toute la lumière doit être faite », demande Boris Vallaud au premier ministre.
« Traitement inégal des violences »
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, avait, lui, écrit jeudi au ministre de l’intérieur Laurent Nuñez pour réclamer des explications sur les « violences imputables à des militants d’extrême droite » contre des « manifestants pacifiques » dans plusieurs villes. Dans son courrier, Olivier Faure réclame « un bilan précis, ville par ville » de ces violences et demande à être informé des « mesures concrètes » prises avant la prochaine journée de mobilisation.
Une troisième journée de mobilisation sociale en trois semaines est prévue samedi. Lors de la deuxième, le 24 octobre, « les images de Montpellier, Nancy, Rouen et Clermont-Ferrand montrent des agresseurs repartis sans être inquiétés », écrit le patron du PS après avoir décrit des « groupes d’une vingtaine d’hommes, souvent masqués (…) se présentant comme protecteurs des commerces ».
« Ce décalage nourrit chez nos concitoyens le sentiment d’un traitement inégal des violences selon leur origine politique », poursuit-il. Olivier Faure demande au ministre de l’Intérieur d’« expliquer comment ces groupes, pour la plupart connus et suivis par les services de renseignement, ont pu approcher et attaquer les cortèges » et pourquoi ils « ont pu se replier derrière les forces de l’ordre à Montpellier et à Nancy ».
« Je veux couper court à ces rumeurs, avait répliqué Laurent Nuñez, lundi sur BFM-TV. A aucun moment, évidemment, la police ne les a protégés. A aucun moment, ils n’ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes. »
Mercredi, c’est le président de la République, Emmanuel Macron, sur la chaîne YouTube d’Hugo Décrypte, qui a été interrogé sur la manière dont ces violences ont pu se produire devant les forces de l’ordre. Le chef de l’Etat est resté lapidaire à ce sujet. « Moi, je ne l’explique pas. (…) Il faut absolument que la clarté soit faite. Mais je l’ai dit le plus clairement du monde : aucune violence, et que selon moi, ça soit de l’ultragauche ou de l’ultradroite », a-t-il dit, avant d’ajouter : « quand il y a des gens qui sont violents à l’égard des biens ou des personnes, ils doivent être interpellés », a-t-il affirmé.