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A Orléans, un doctorant iranien condamné à la prison ferme pour apologie du terrorisme

A Orléans, un doctorant iranien condamné à la prison ferme pour apologie du terrorisme

Apologie du terrorisme d’un côté, liberté d’expression teintée de verve religieuse de l’autre. Pendant près de quatre heures, des positions radicalement antagonistes se sont affrontées à la barre du tribunal correctionnel d’Orléans, lundi 1er juin. Depuis le box réservé aux prévenus, le doctorant iranien Mohammad Javad Saeli, chargé de travaux dirigés à l’université d’Orléans et auteur d’une thèse en droit des assurances, était jugé pour des messages postés en avril sur le réseau social LinkedIn ainsi que pour des propos tenus lors de sa soutenance, le 27 mars.

« Mon très honorable martyr Seyyed Ali Khamenei, guide suprême des pieux, des croyants et des résistants sur le chemin envers la justice », avait-il développé dans une introduction dédicacée au président de la République islamique d’Iran, figure du durcissement du régime et de la répression féroce de toute contestation, tué le 28 février par les frappes israëlo-américaines s’abattant sur Téhéran. Interrompu dans son exposé, il avait menacé ensuite le président de l’université et les membres du jury d’un « châtiment » divin.

Lundi, le tribunal correctionnel l’a condamné à dix-huit mois de prison ferme pour apologie du terrorisme. Vingt-quatre avaient été requis. Il devrait être expulsé à l’issue de son incarcération, une interdiction du territoire de cinq ans complétant sa peine.

C’est ainsi un drôle de procès qui s’est refermé dans la soirée, alourdi par les accents prosélytes du chercheur en formation et le contexte pesant des tensions au Proche-Orient. Dans une salle comble, trop étroite pour asseoir les nombreux soutiens et anciens élèves présents à l’audience, M. Saeli, 36 ans, établi en France dès 2020 pour ses travaux universitaires, est arrivé souriant, devancé par son escorte, saluant de la main des visages familiers dans l’assistance. S’exprimant dans un français parfait, chemise blanche, pull bordeaux, il a livré bataille devant ses juges d’un ton doux inébranlable, pour contester les faits reprochés.

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