Cultura

« Bait », un thriller intense dans un village côtier des Cornouailles

« Bait », un thriller intense dans un village côtier des Cornouailles

L’AVIS DU « MONDE » - À NE PAS MANQUER

L’AVIS DU « MONDE » - À NE PAS MANQUER

Quand il tourne avec sa caméra Bolex, le Britannique Mark Jenkin pense souvent à son compatriote Nicolas Roeg (1928-2018) et à l’atmosphère suffocante de ses films (La Randonnée, 1971 ; Ne vous retournez pas, 1973). Jenkin, né en 1976, est l’auteur d’une œuvre bien plus discrète (plusieurs courts-métrages et trois « longs ») mais entêtante. On avait découvert à Cannes, à la Quinzaine des cinéastes, le stupéfiant et coloré Enys Men (2022), où une chercheuse (Mary Woodvine) à l’affût de fleurs rares voyait son quotidien dérailler, dans la lande des Cornouailles, à la pointe sud-ouest du Royaume-Uni.

Filmé dans la même région, mais en noir et blanc, Bait (« l’appât », en français) nous accroche dès le premier plan au visage fermé de Martin (Edward Rowe), homme à la stature imposante qui traverse un village au petit matin, tandis que le bruit d’un moteur envahit la bande-son. La suite du récit dévoile ce qui s’est passé avant – « Before », annonce un carton, comme au temps des films muets.

Martin et son frère Steven (Giles King), deux quadragénaires, sont devenus pêcheurs à la suite de leur père. A la mort de ce dernier, ils ont dû vendre la maison à un couple de Londoniens, Sandra (Mary Woodvine) et Tim (Simon Sheperd), lesquels viennent y passer les vacances avec leurs enfants.

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