Au lendemain de la mise en examen d’un homme de 41 ans pour enlèvement et séquestration, les recherches continuent, mardi 2 juin, pour tenter de retrouver Lyhanna, la collégienne de 11 ans portée disparue à Fleurance, dans le Gers.
La jeune fille a été vue pour la dernière fois vendredi vers 15 heures montant dans la voiture du suspect, devant le collège de Fleurance, un bourg de 6 000 habitants à 80 km à l’ouest de Toulouse.
Le principal suspect interpellé et placé en garde à vue samedi a été mis en examen lundi soir à Agen pour enlèvement et séquestration, puis placé en détention provisoire. Il connaissait bien Lyhanna car sa fille est une amie de la disparue.
Selon une source proche du dossier, il avait accueilli à son domicile une « soirée pyjama » rassemblant sa fille et des amies, à la suite de laquelle les parents de Lyhanna avaient pris leurs distances avec le mis en examen.
Agent de maintenance au sein de lycées du Gers entre 2018 et 2021, « il a été mis fin à son contrat après une procédure disciplinaire suite à un signalement d’un comportement inapproprié envers une lycéenne », a précisé la région Occitanie dans un communiqué.
Silence face aux enquêteurs
Lundi soir au tribunal d’Agen, devant le juge, ce père de famille a refusé de s’exprimer et de répondre aux questions lors de son interrogatoire de première comparution, a déclaré le procureur d’Agen, Olivier Naboulet.
Le procureur a rappelé qu’un juge d’instruction « ne peut mettre en examen que les personnes à l’encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elles aient pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission des infractions dont il est saisi ».
Dimanche, la procureure d’Auch, Clémence Meyer, avait écarté l’hypothèse d’une fugue et révélé que l’homme avait affirmé avoir déposé Lyhanna à la piscine de la commune, des déclarations « jugées incohérentes et imprécises ».
Contacté par l’Agence France-Presse (AFP), l’avocat de la famille de la disparue, François Roujou de Boubée, explique que la seule attente de ses proches « est de retrouver Lyhanna ».
A Fleurance et dans les environs, les efforts de recherche pour retrouver Lyhanna ont été accentués lundi avec le renfort d’un escadron de gendarmes mobiles, portant à près de 200 le nombre de militaires mobilisés pour « maximiser notre couverture terrain », a déclaré lundi en fin d’après-midi le colonel Philippe de Laforcade, commandant du groupement de gendarmerie du Gers.
Recherches intensives
Tôt lundi matin, après un briefing de quelques minutes devant l’espace culturel et sportif de Fleurance, transformé en base opérationnelle, les gendarmes en treillis ont embarqué dans une dizaine de camionnettes pour se déployer sur le terrain des recherches.
Quatre plongeurs explorent la rivière Gers, à proximité de la piscine, entre une petite cascade et un pont. Les gendarmes ratissent les environs de Fleurance, ont organisé une battue, sondé lacs et rivières, inspecté des champs et des zones boisées, aidés par des drones et hélicoptères, pour l’instant en vain.
Même si chaque jour qui passe amenuise les chances de retrouver la fillette vivante, le colonel de Laforcade met en avant « l’engagement maximal » des forces de l’ordre : « Maintenir l’effort, c’est ce qu’on doit aux familles, c’est ce qu’on doit à Lyhanna, à sa famille et à la population de Fleurance qui est venue nous aider. »
Dimanche, des habitants de la commune ont participé à une battue organisée par les gendarmes, qui a permis de prélever « un certain nombre d’objets, d’indices », analysés par les techniciens en investigation criminelle.