Des mineurs bien plus souvent victimes qu’auteurs d’infractions. Une étude publiée vendredi 22 mai par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure bat en brèche le discours politique autour d’une jeunesse prompte à la délinquance, laquelle apparaît, au contraire, au premier rang des victimes d’infractions, dans une proportion bien supérieure à celle des majeurs.
« Entre 2016 et 2025, le nombre de mineurs enregistrés comme victimes par la police ou la gendarmerie nationales [soit 290 200 personnes] a augmenté de 77 %, soit 7 % par an en moyenne tandis que celui des mineurs mis en cause [232 300] a diminué de 15 % », note ainsi le service statistique en préambule de son rapport. Dans le même laps de temps, le nombre de majeurs mis en cause a augmenté de 38 %.
Près de deux tiers des atteintes aux mineurs relèvent de violences physiques, verbales ou psychologiques, « loin devant les infractions à caractère sexuel » (26 %), qui connaissent cependant une hausse vertigineuse de 156 % en dix ans, à l’aune de celle constatée pour les majeurs.
Une évolution, explique le rapport, « à mettre en regard du contexte de libération de la parole impulsé par le mouvement #MeToo », les « mesures prises pour l’amélioration de l’accueil des victimes de violences sexuelles » et « la loi du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l’inceste ». Quant aux victimes mineures d’infractions à caractère sexuel, elles sont « très majoritairement des filles (78 % en 2016 et 81 % en 2025) ».
Des conclusions à appréhender avec prudence
L’impact de différents dispositifs légaux est, du reste, évoqué par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure pour avancer une explication à la hausse (atteintes à caractère sexuel, harcèlement moral, plus fréquemment dénoncées et dorénavant mieux prises en charge, avance l’organisme) ou la baisse de certaines infractions : les mises en cause pour usage de stupéfiants connaîtraient ainsi une décrue d’ordre statistique, essentiellement due à la mise en œuvre de l’amende forfaitaire délictuelle en 2020, qui n’implique pas l’ouverture d’une procédure classique.
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