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Tribune anti-Bolloré : Maxime Saada, le patron de Canal+ « assume » sa réponse, mais nie toute « liste noire »

Tribune anti-Bolloré : Maxime Saada, le patron de Canal+ « assume » sa réponse, mais nie toute « liste noire »

Le patron de Canal+, Maxime Saada, « assume » avoir dit que son groupe ne souhaitait plus financer les films des signataires d’une tribune contre son actionnaire de référence Vincent Bolloré, mais se défend de vouloir dresser une « liste noire », a-t-il déclaré vendredi 29 mai.

« Si quelqu’un sonne chez vous, vous traite de fasciste et ensuite vous demande de l’argent, peut-être que vous ne lui donneriez pas de l’argent. On va faire exactement pareil », a déclaré le dirigeant, interrogé lors de l’assemblée générale de Canal+ après la polémique au Festival de Cannes.

En plus du critère « artistique » et « commercial », « je vais ajouter une nouvelle dimension sur les dossiers [de financement de films] qu’on va étudier », a-t-il développé. « Cette dimension, ce sera quelle est la considération qui est portée par les personnes qui portent ce projet vis-à-vis de Canal+, et est-ce que ces personnes ont porté un préjudice à Canal+ », a poursuivi M. Saada.

« Préjudice porté à Canal+ »

Selon lui, le « sujet » n’est pas la « liberté d’expression », mais « le préjudice porté à Canal+ », premier financeur du cinéma français. « Quand on parle de vision fasciste de l’imaginaire collectif à côté du nom Canal+, c’est la réputation et l’intégrité des équipes (…) qui est attaquée. Quand on siffle le logo Canal+, suite à cette pétition, à certaines projections du Festival de Cannes, c’est un préjudice réputationnel pour Canal+ », a énuméré le dirigeant.

Pour autant, « je n’ai évidemment jamais parlé de liste noire », a-t-il nuancé. « Il n’est pas question pour nous d’aller traquer les techniciens qui ont signé la pétition [et] de ne plus financer les films pour lesquels ils travaillent ».

Publiée à la mi-mai, la tribune dénonçait « l’emprise grandissante de l’extrême droite » sur le 7e art, en visant le milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Parmi les signataires figurent les acteurs Swann Arlaud, Juliette Binoche et Jean-Pascal Zadi ou le réalisateur Robin Campillo.

Maxime Saada a défendu Vincent Bolloré : « C’est avec lui, pour ne pas dire grâce à lui, qu’on a redressé Canal+ », quand ce dernier faisait encore partie du groupe Vivendi. « Canal+, en France, perdait 400 millions d’euros, (…) on allait droit au mur, et le financement du cinéma, on pouvait l’oublier. » Enfin, il a assuré que Canal+, devenu une entité autonome après la scission de Vivendi, à la fin de 2024, « n’est pas contrôlé par le groupe Bolloré », même si ce dernier est son « actionnaire de référence ».

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