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Allocation de solidarité unifiée : le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté invite le gouvernement à renoncer au projet

Allocation de solidarité unifiée : le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté invite le gouvernement à renoncer au projet

Les termes sont mesurés, les arguments nombreux : dans un avis publié mercredi 27 mai, le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) remet en cause à la fois l’esprit et la lettre du projet de loi créant l’allocation de solidarité unifiée (ASU). Ce projet de réforme prévoit d’unifier le mode de calcul du revenu de solidarité active (RSA), de la prime d’activité et de l’aide personnalisée au logement (APL), afin de garantir un « gain à l’emploi », l’objectif étant que la reprise d’une activité soit plus rémunératrice que les aides sociales.

Les élus – représentants de l’action sociale territoriale et d’associations, partenaires sociaux, personnes qualifiées et personnes concernées par la pauvreté et la précarité – qui composent cet organisme placé auprès du premier ministre, interpellent le gouvernement. Dans leur avis, ils l’invitent « à renoncer à présenter ce texte sous cette forme et dans ce calendrier et plaide[nt] pour l’ouverture d’une large concertation en vue d’une réforme ambitieuse de simplification des prestations sociales, dans un objectif de lutte contre la pauvreté hors emploi et en emploi et de réduction des inégalités ».

Adopté par 45 votes pour et 3 contre, cet avis s’inscrit dans la lignée des votes négatifs déjà émis à propos de cette mesure, par le conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales, le Conseil national de l’habitat puis le Conseil national d’évaluation des normes.

Des déconvenues successives qui n’ont pas, à ce stade, fait dévier le gouvernement de sa volonté de mettre en place cette promesse d’Emmanuel Macron formulée en 2018, relancée en septembre 2024 par Michel Barnier lorsqu’il était à Matignon, puis par ses successeurs François Bayrou et Sébastien Lecornu. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a seulement déclaré, dimanche 24 mai sur France 3, qu’« il y a besoin de consulter encore et d’avoir des échanges, notamment avec les forces politiques ».

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