L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
Loin de moi la colère, de Joël Akafou, cinéaste ivoirien né en 1986, à Bouaké, est plus qu’un titre de film. C’est le prénom d’une femme magnifique, ivoirienne, issue de la communauté Guéré : sa grand-mère adorée, tuée lors de la guerre civile de 2011, l’avait appelée Tchémouénia, qui signifie, donc, Loin de moi la colère. Tchémouénia, que ses proches appellent aussi « Maman Jo », a grandi dans le village de Ziglo, dans l’ouest du pays.
Elle a survécu aux massacres de 2011, générés par des conflits ethniques, fonciers, politiques, etc., les tueries et les horreurs engendrant les vengeances et leurs lots de malheur. Que peut-elle dire aujourd’hui à cet homme qui a exécuté sa grand-mère, et qui vit toujours dans les parages ?
Maman Jo a pris son courage à deux mains, et a entrepris de rassembler les femmes issues des différentes communautés de son village (Guéré, Baoulé, Mossi, Lobi…). C’est par elles que l’on atteindra ensuite les hommes, estime-t-elle. Il faut que les gens se parlent, fassent le deuil, se pardonnent, même si les cicatrices ne partiront pas de sitôt. Il faut penser aux enfants, aux orphelins, et à ces nouveau-nés que Maman Jo et d’autres massent au beurre de karité – moments bouleversants où ces bébés portent la promesse de lendemains peut-être meilleurs. Les petits ne peuvent grandir dans la haine de l’autre, il en va de la responsabilité des adultes de leur transmettre un autre message.
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